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Le CEGEP de Victoriaville censure une oeuvre de Martine Birobent

Un cas d’ingérence inédit a entraîné cette semaine le retrait de Les bâtisseuses (1), une oeuvre féministe de Martine Birobent, de l’exposition CAFÉE INN « Du féminisme dans l’art des femmes » de la Coalition des Artistes Femmes Épatantes Engagées du Centre du Québec, présentée en marge des activités des ateliers Osez le féminisme ! Chacune a son mot à dire ! de la Maison des femmes de Victoriaville, à la galerie d’Art du CEGEP de Victoriaville (478 Notre-Dame Est, Victoriaville).

C’est par la voix de son directeur adjoint des études par intérim, monsieur Denis Deschamps, que l’institution d’enseignement publique a annoncé que l’oeuvre était «non-retenue», qu’elle s’opposait à l’accrochage du tableau et qu’elle a signifié cette position à madame Lyne P. Pelletier commissaire artistique de l’exposition. Madame Pelletier déplore notamment qu’elle ait été avisée du décrochage par courriel sans aucune rencontre d’explication préalable. Lors d’une conversation téléphonique tenue ce jour avec Jean-Robert Bisaillon (l’agent de Martine Birobent), monsieur Deschamps a affirmé que le CEGEP avait « appliqué un droit de regard qu’il détenait en vertu de son entente avec la CAFÉE, en lien avec cette activité ». Des conseillers entourant monsieur Deschamps auraient jugé l’oeuvre « choquante », pour employer ses termes.

Pour l’artiste Martine Birobent et Jean-Robert Bisaillon, il s’agit d’un cas clair d’exercice de censure qu’il convient de dénoncer. L’artiste Martine Birobent demande au CEGEP de Victoriaville de reconnaître l’impertinence de son geste et de lui adresser des excuses.

L’oeuvre

Les bâtisseuses (1) (La Création) – Martine Birobent (1999) 48 X 48 – Acrylique sur toile

Les bâtisseuses (1) (La Création) est l’un des tableaux féministes les plus achevés de Martine Birobent. Élément central d’un tryptique sur le thème de la femme bâtisseuse, ce tableau, reproduit en page frontale du journal HOUR le 6 mai 1999 en appui à un article de fond sur l’organisme Stella (http://www.chezstella.org/stella/ – Association des travailleuses du sexe de Montréal), évoque la femme accomplie, entourée de nombreuses familles avec leurs enfants et leurs bêtes de pâturage. Le tableau constitue de plus une évocation de l’Homme de Vitruve, oeuvre célèbre de Léonard de Vinci, cherchant à fixer les proportions universelles – ou peut-être dirions-nous « idéales » du corps humain. Ici, les proportions idéales n’ont de sens que dans leur relation à la communauté, dont la femme constitue le pivot central.

L’artiste

Martine Birobent est une artiste professionnelle membre du RAAV. En 2006, le musée Laurier de Victoriaville lui consacrait une exposition solo. Plus récemment, Martine Birobent exposait au musée de la Halle Saint-Pierre à Paris et elle sera invitée en 2013, à titre d’artiste résidente et commissaire artistique, lors de la 5e Biennale Internationale d’Art Hors-Les-Normes de Lyon. Martine Birobent qui a vécu plus de 20 ans dans le Plateau Mont-Royal à Montréal, a fondé en 2011, la Galerie des Nanas dans le village de Danville, situé à une trentaine de minutes de Victoriaville.

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Un commentaire au sujet de Le CEGEP de Victoriaville censure une oeuvre de Martine Birobent

  1. conte 24 février 2016 @ 14:53 #

    bonjour martine,

    il y a si longtemps !!!! je te suit !!! je pense à toi !!!

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